Coach perso, coach sportif, coach relooking... Souvenez-vous, il y a une petite dizaine d'années, la mode des coachs de tous genres envahissait nos petits écrans. A la télévision, on exploita rapidement ce nouveau concept et on l'adapta précisément au grand public, c'est à dire aux téléspectateurs. Désormais, puisque les gens n'arrivaient plus par eux-mêmes à faire des choses jusque-là élémentaires, quasiment devenues naturelles puisque intergenerationnelles, culturellement obligatoires et considérées presque comme ancestrales – cuisiner, s'habiller, aller à un rendez-vous amoureux ou professionnel, nettoyer sa maison, élever ses enfants - la télé allait s'en charger pour eux, en exploitant à mort le filon du coaching.
Dans notre société en déclin, la télévision sauta sur l'occasion de la perte presque totale de nos repères, reflet d'une époque en mouroir. La perte des repères affectant en particulier - et comme toujours - les classes défavorisées et dévalorisées, on commença par s'intéresser de plus près aux gens de seconde zone. Ceux qui jusqu'ici n'étaient pas acceptables ni montrables à la télé – et en particulier sur les plus grosses chaînes, comme la reine de l'élitisme hypocratique TF1 - allaient désormais servir de miroir reflet, et pire, d'objet de soulagement et de decompression à ceux qui seraient tranquillement installés devant leur poste de télévision.
La télévision venait de comprendre que l'audience ne marchait plus par le luxe, l'inatteignable et le Beau: les gens n'y croyaient plus. La crise économique était telle qu'ils perdaient leur sens du rêve, de l'innocence et de l'illusion. Ils voulaient maintenant qu'on leur parle en face, qu'on leur montre leurs semblables – et si possible, des semblables inférieurs à eux, qui puissent les rassurer enfin sur leur propre existence et sur leur propre crise de vie - Un message subliminal: "Regardez, il y a pire que vous".
On filma des gens de seconde zone, comme c'était entendu. Ce fut un énorme succès. Ce fut en tout premier lieu sous forme de confessions – Confessions intimes en est le meilleur précurseur, un « Strip tease » version grand public – puis s'ensuivirent reportages, d'abord courts; puis plus longs, jusqu'à y consacrer des émissions thématiques où les gens eux-mêmes allaient sur les plateaux, apportant leur témoignage à la clé avec gros zoom sur leur visage disgracieux – parfois avec perruques et lunettes noires, quand on allait trop loin dans les sujets « osés ». C'est mon choix eut gracieusement ses années de gloire en faisant s'exprimer les françaises et les français « d'en bas » sur des sujets aussi polémiques qu'inintéressants.
Les cas sociaux devenaient donc une vraie valeur ajoutée dans le monde de la télévision. Il fallait exploiter à fond ce système garant de succès et d'audimat. Critiquable, mais toujours regardable, les gens devant leur poste ne s'en lassaient pas. On réunissait tous les éléments-clés d'une bonne audience: de l'émotion alliée à du ridicule dans les comportements humains. De l'ingrat, de l'insolite et de la vie quotidienne inutile. Il n'en fallait pas plus pour que le public adhère: lui montrer d'autres français pires que lui, qui le fassent rire, le divertissent et l'émeuvent par leur bêtise et leur infériorité.
C'est ainsi que le coaching pris place, petit à petit, en surfant sur la grosse tendance outre-atlantique. La vie des cas sociaux s'étalait devant nous. Et par habitude, on s'habitua à rire toujours des mêmes caractéristiques: leur intérieur était toujours décoré de façon immonde, sans goût, parfois extrêmement sale; leur look était ignoble et souvent obsolète; leur façon de s'exprimer et leurs relations chaotiques.
Il fallait donc sauter sur l'occasion: Réussir l'impensable. Les transformer! On leur montra que tout était possible pour eux. Une seconde chance dans leur triste vie en quelque sorte. On leur apprit à s'habiller chic et pas cher et à avoir du goût; on redécora leur appartement; on leur donna des cours de séduction puis d'entretien pour le travail. Encore, on leur apprit à faire la cuisine, à nettoyer correctement leur maison (en montrant les pires exemples d'habitats insalubres et dégoûtants), à éduquer leurs enfants et à gérer leurs adolescents en crise. Mieux, on touchait même au domaine sacré de la médecine: Les gens atteints de bégaiements ou du syndrôme de la Tourette – à la fois à mourir de rire et émouvants, réunissant donc tous les éléments pour faire de l'audience – revivaient à la fin du reportage, grâce à des soignants qui les aidaient en direct pendant quelques minutes. On touchait au domaine de la guérison presque surnaturelle.
On pouvait tout leur apprendre. Cette idée de transformation avec l'optique d'un bonheur futur marchait à merveille. Par la télévision, la thérapie opérait. Elle devenait à la fois le pygmalion, le psychothérapeute et l'élément de propulsion. Le public en voulait toujours plus et les cas sociaux affluaient aux castings de la chance de ces émissions. C'était la porte ouverte à un nouveau bonheur, à une nouvelle vie; la télévision remplissait désormais un nouveau rôle, qu'elle assurait également parallèlement dans un autre type d'audience (qui marchait également à merveille) source de bonheur par procuration: la Real-TV.
Aujourd'hui, le marché télévisuel des cas sociaux est loin de s'être stoppé. Il représente toujours une source inépuisable dans le paysage audiovisuel français. Les penchants et les travers de cette partie de la population sont toujours décortiqués avec un faux sérieux et un pseudo-ton journalistique un peu ironique, rajoutant dans le pathétique et par conséquent le comique. Les sujets traités viennent par vagues et s'accordent à l'actualité des sujets de société; après la tendance des TOCS, nous avons donc eu droit au syndrôme de la Tourette ou à la boulimie ou l'anorexie; puis la narcolepsie ou l'agoraphobie. Les troubles psychologiques semblent être très appréciés, de même que les fixations, obsessions et troubles du comportement, tels les fans extrêmes de Johnny Hallyday, les fanas de tuning ou les jaloux maladifs.
Il semble que tant que la France compte de cas sociaux, la télévision surfera sur leur exploitation – et Dieu sait que le cas social est français.
Ne souriez pas trop; on est toujours le cas social de quelqu'un d'autre.
jeudi 11 février 2010
vendredi 5 février 2010
La course à la vie.
Dans cette course à la vie, il s'agit d'être le plus beau, le plus performant, le plus célèbre et le plus aimé. Toutes nos pauvres vies reposent sur ce seul principe. Tout dépendra de la façon et du lieu où nous sommes nés; le point de départ, à savoir la naissance, ancre à jamais son empreinte sur nos vies.
Nous dépendrons ainsi toute notre vie du poids qu'ont eu nos parents et notre famille sur ce que nous étions enfant. Quiconque manquera d'un élément capital pour sa réussite future sera amputé d'un élément-clé pour sa réussite: argent, amour, reconnaissance, culture, confort. Si les conditions étaient manquantes dès notre naissance, il sera difficile de les acquérir une fois adulte. Le chemin sera long, parcouru d'embûches et beaucoup abandonnerons, se sentant embourbés par leur propre destinée. Parfois, le hasard, et mieux encore, la chance sauront vous accorder du répit; mais ils sont rares et il ne faudra jamais les laisser passer. Ne les voyant pas au premier abord, cachés par l'embué, il faudra souvent les regarder s'éloigner sans jamais avoir pu les approcher, avec le regret planté dans le cœur comme un poignard aiguisé et poisonneux – alors que tant d'autres auront su l'attraper, au moment où il le fallait.
Ainsi nos vies se résumeront à se regarder vivre, à observer avec l'œil acerbe le destin tendre qui sait donner sa petite main à la personne assise à côté de soi. Bouffés par l'envie et la jalousie – les pires maux pour l'homme – nous crèverons dans l'indifférence générale ou l'amour de quelques rares personnes qui auront su vous accorder un peu de leur temps et de leur valeur.
La naissance est une petite mort: il faut ressusciter de sa propre vie originelle, de son milieu, de ses origines, de son entourage et de son humanité - une sorte de grand saut suicidaire dans la vie et ses déboires.
Ainsi, bouffés par la peur du mourir et par la peur du non-amour et de l'absence de reconnaissance, nous essayerons, tant bien que mal, de construire des châteaux de cartes à base d'enfants à naître, de mariage et de rencontres un tant soit peu durables. Pour essayer de contrer la condamnation qui pèse sur nos épaules, il faudra recréer le lien éternel qui nous manque avec nous-même dans nos relations avec les autres. Essayer de s'ancrer définitivement sur terre, dans la tête des gens et dans leur estime, afin de ne pas mourir tout à fait – du moins, de continuer à vivre sans mourir chaque jour.
Ainsi va la course à l'amour, à la popularité, à la reconnaissance, à l'amitié; Une course où certains vont plus vite que d'autres. Une course où les derniers seront laissés pour compte, morts avant la mort elle-même. La place donnée à chacun pour l'amour et pour l'amitié est rare; il faudra sélectionner, estimer que l'autre mérite cet intérêt et ce don total de soi. Les personnes nous ressemblant, afin de nous retrouver en elles et de ne surtout pas voir en face nos propres défauts, seront les candidates idéales.
Il ne s'agit pas de retrouver en l'autre ce qui est insupportable pour soi; dans la plupart des cas, nous l'avons de toute façon occulté, pour notre plus grand bonheur. Et ceux qui nous irritent, qui ne méritent pas notre attention, que l'on trouve détestables, sont tout à la fois ce qu'il y a de pire en nous, et ce qui représente nos pires faiblesses, incapables à imaginer.
Ainsi va la course à la vie; profit et trop-plein d'amour sont donnés en excès la plupart du temps aux chanceux sans rapport aucun avec leur qualités, leur bonté ou leur personnalité; Leur naissance, la chance et les opportunités ont fait le beau rôle; Les autres, eux, se bataillent contre des portes fermées, dans une lutte épuisante et permanente, afin d'être enfin regardés; et puis certains crèvent dans le silence, l'indifférence du monde, des autres et de leur propre vie qui ne valait rien.
Nous dépendrons ainsi toute notre vie du poids qu'ont eu nos parents et notre famille sur ce que nous étions enfant. Quiconque manquera d'un élément capital pour sa réussite future sera amputé d'un élément-clé pour sa réussite: argent, amour, reconnaissance, culture, confort. Si les conditions étaient manquantes dès notre naissance, il sera difficile de les acquérir une fois adulte. Le chemin sera long, parcouru d'embûches et beaucoup abandonnerons, se sentant embourbés par leur propre destinée. Parfois, le hasard, et mieux encore, la chance sauront vous accorder du répit; mais ils sont rares et il ne faudra jamais les laisser passer. Ne les voyant pas au premier abord, cachés par l'embué, il faudra souvent les regarder s'éloigner sans jamais avoir pu les approcher, avec le regret planté dans le cœur comme un poignard aiguisé et poisonneux – alors que tant d'autres auront su l'attraper, au moment où il le fallait.
Ainsi nos vies se résumeront à se regarder vivre, à observer avec l'œil acerbe le destin tendre qui sait donner sa petite main à la personne assise à côté de soi. Bouffés par l'envie et la jalousie – les pires maux pour l'homme – nous crèverons dans l'indifférence générale ou l'amour de quelques rares personnes qui auront su vous accorder un peu de leur temps et de leur valeur.
La naissance est une petite mort: il faut ressusciter de sa propre vie originelle, de son milieu, de ses origines, de son entourage et de son humanité - une sorte de grand saut suicidaire dans la vie et ses déboires.
Ainsi, bouffés par la peur du mourir et par la peur du non-amour et de l'absence de reconnaissance, nous essayerons, tant bien que mal, de construire des châteaux de cartes à base d'enfants à naître, de mariage et de rencontres un tant soit peu durables. Pour essayer de contrer la condamnation qui pèse sur nos épaules, il faudra recréer le lien éternel qui nous manque avec nous-même dans nos relations avec les autres. Essayer de s'ancrer définitivement sur terre, dans la tête des gens et dans leur estime, afin de ne pas mourir tout à fait – du moins, de continuer à vivre sans mourir chaque jour.
Ainsi va la course à l'amour, à la popularité, à la reconnaissance, à l'amitié; Une course où certains vont plus vite que d'autres. Une course où les derniers seront laissés pour compte, morts avant la mort elle-même. La place donnée à chacun pour l'amour et pour l'amitié est rare; il faudra sélectionner, estimer que l'autre mérite cet intérêt et ce don total de soi. Les personnes nous ressemblant, afin de nous retrouver en elles et de ne surtout pas voir en face nos propres défauts, seront les candidates idéales.
Il ne s'agit pas de retrouver en l'autre ce qui est insupportable pour soi; dans la plupart des cas, nous l'avons de toute façon occulté, pour notre plus grand bonheur. Et ceux qui nous irritent, qui ne méritent pas notre attention, que l'on trouve détestables, sont tout à la fois ce qu'il y a de pire en nous, et ce qui représente nos pires faiblesses, incapables à imaginer.
Ainsi va la course à la vie; profit et trop-plein d'amour sont donnés en excès la plupart du temps aux chanceux sans rapport aucun avec leur qualités, leur bonté ou leur personnalité; Leur naissance, la chance et les opportunités ont fait le beau rôle; Les autres, eux, se bataillent contre des portes fermées, dans une lutte épuisante et permanente, afin d'être enfin regardés; et puis certains crèvent dans le silence, l'indifférence du monde, des autres et de leur propre vie qui ne valait rien.
lundi 25 janvier 2010
De l'utilité de porter la burqa.
On ne parle jamais des avantages de porter une burqa*. Vous connaissez les inconvénients, bien evidemment: Perte de l'identité propre à chaque individu, non-reconnaissance de la personne, abaissement et rabaissement de la femme et de sa place dans la société, renforcement du communautarisme (mot préféré des journalistes, politiques et animateurs télé depuis quelques mois, avec obscurantisme et stigmatiser, pensez à ces trois mots, ils seront forcément repris dans tout débat désormais et je vous conseille de les utiliser aussi pour votre propre image de marque).
Voyons ensemble les avantages que peut apporter une burqa dans votre vie quotidienne. Je vous convaincrai peut-être de son utilité et du changement positif qu'elle pourra apporter dans votre vie.
Grâce à la burqa, vous allez tout d'abord faire des économies et surtout en gagner davantage. Il devient vraiment difficile à notre époque de voler dans les supermarchés: caméras miniatures intégrées au plafond dans des tubes métalliques qui sillonnent les grandes-surfaces (voir Zone interdite n° 286), vigiles omniprésents repérant les gens qu'ils vont suivre en faisant semblant d'acheter quelque lessive ou serviette hygiénique - D'ailleurs si vous correspondez à la proie type, c'est mal barré pour vous: teint basané, yeux noirs et air méchant? Alors il y a fort à parier que sitôt les portes automatiques ouvertes, dès le premier pied mis sur le sol du magasin, on vous ait repéré depuis la salle de surveillance et que quatre hommes soient déjà opérationnels, salive pointant joyeusement aux lèvres, prêts à vous prendre la main dans le sac. Grâce à la burqa, finies les heures à attendre les poulets dans un local pourri avec machine à café et petits fours pour les caissières. Finies les embrouilles avec un directeur qui vous demandera pour la troisième fois de ne plus foutre les pieds dans son magasin. La burqa va vous protéger de toute suspicion malotrue. Et elle va vous aider. Elle va augmenter la rapidité de votre vol, sa rentabilité et son efficacité. Finies les poches trop étroites, les paniers à double fond, les chemises entrouvertes d'où un coin de DVD dépasse et vous trahit.
Avec la burqa, vous aurez la possibilité de mettre quelques paquets de gâteaux et autres joyeusetés en deux temps trois mouvements sans vous faire repérer. Je vous conseille d'intégrer à l'intérieur de votre burqa quelques compartiments classés par catégories de produits (à gauche, légumes, plus au milieu lait et œufs et à droite objets de plus grande importance comme grille-pain ou téléphone sans fil).
N'ayez crainte: sous votre burqa, personne n'ira voir. Et personne ne viendra vous suspecter de quoi que ce soit. De crainte de voir ce qui se cache sous le grand méchant loup, à savoir, votre long voile noir effrayant et fantomatique, aucun être humain n'ira se risquer à vous poser des questions indiscrètes.
Un autre avantage de la burqa, c'est evidemment l'anonymat. Sous votre burqa, personne ne peut vraiment vous reconnaître; surtout entre plusieurs autres burqas. Terminées donc les longues embrassades avec Madeleine ou avec Tatie Mimie qui nous avait pas vue depuis votre plus jeune âge, à l'époque où vous et vos parents vous habitiez près de chez elle et que vous aviez cassé un carreau à l'aide d'une carabine volée de chez son mari de chasseur. Terminés les croisement inopportuns que l'on voulait éviter, personnes vous ayant avancé en période de galère quelques 1800 euros et que vous aviez promis de rembourser - en vous pensant Il peut toujours rêver c'lui-là haha" terminés les slogans "Il n'y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas", les monsieurs désagréables à képis et moustaches épaisses vous demandant vos papiers et les papiers du véhicule. Avec la burqa, vous n'êtes plus personne. Vous êtes tout et personne à la fois. Vous êtes l'univers. Vous vous confondez avec l'univers (...)
Que d'avantages à porter la burqa. Vous voyez, je commence à vous convaincre, petit à petit, en douceur. Il faut aussi parler d'un autre élément très important grâce à la burqa et qui va vraiment changer votre vie: Le gain de temps. Parce que du temps, dans notre vie, on en perd irrémédiablement. Et parce que le temps, il faut le gagner. Nous sommes tous à la fois victimes et avides de temps. Et la burqa va vous faire gagner un temps infini. Pourquoi? Parce que la burqa s'auto-régénère elle-même. Tous ces gestes de la vie quotidienne qui nous font perdre un temps fou: se laver, se changer, se brosser les cheveux, s'habiller, laver ses habits, les mettre à sécher, se brosser les dents, se maquiller... avec la Burqa, tous ces gestes n'existeront plus. C'est incroyable, vous allez voir.
La burqa peut tout faire: Elle s'auto-entretient. Plus besoin donc de se changer et de porter de nouveaux vêtements. Au contact de l'air, le tissu - élaboré en secret par les laboratoires japonais à l'époque de Pearl Harbor - fabrique ses propres défenses (donc inattaquable, introuable et insalissable) et se régénère automatiquement en même temps. Une sorte de peau humaine élaborée chimiquement. Plus besoin non plus de sous-vêtements: vous allez retrouver le contact pur et originel d'avec la nature, la sensation de liberté infinie que procure la nudité, l'incroyable sentiment d'être soi. Mais ce n'est pas tout. La Burqa possède des vertus presque sur-dimensionnelles: elle dégage autour d'elle, et donc sur vous, ses capacités d'auto-régénération et d'auto-higyienierie (nouvelle spécialité créée autour de la burqa en 1997). Vous n'avez donc plus besoin de vous laver, de vous maquiller, de vous peigner. Votre corps reste propre en permanence. Un doux parfum de jasmin se dégage de votre burqa: sentez-le sur votre peau. Vous êtes propre, heureux, libre.
Pour terminer, un avantage indéniable: Vous n'avez pas forcément besoin d'être une femme pour porter la burqa. Bien des hommes s'y essaient et ne peuvent plus s'en passer. Alors n'hésitez plus. De toute façon, personne n'osera lever le voile sur la Burqa.
*La burqa se prononce "Labeurqa©", copyright Marina Le Pen.
Voyons ensemble les avantages que peut apporter une burqa dans votre vie quotidienne. Je vous convaincrai peut-être de son utilité et du changement positif qu'elle pourra apporter dans votre vie.
Grâce à la burqa, vous allez tout d'abord faire des économies et surtout en gagner davantage. Il devient vraiment difficile à notre époque de voler dans les supermarchés: caméras miniatures intégrées au plafond dans des tubes métalliques qui sillonnent les grandes-surfaces (voir Zone interdite n° 286), vigiles omniprésents repérant les gens qu'ils vont suivre en faisant semblant d'acheter quelque lessive ou serviette hygiénique - D'ailleurs si vous correspondez à la proie type, c'est mal barré pour vous: teint basané, yeux noirs et air méchant? Alors il y a fort à parier que sitôt les portes automatiques ouvertes, dès le premier pied mis sur le sol du magasin, on vous ait repéré depuis la salle de surveillance et que quatre hommes soient déjà opérationnels, salive pointant joyeusement aux lèvres, prêts à vous prendre la main dans le sac. Grâce à la burqa, finies les heures à attendre les poulets dans un local pourri avec machine à café et petits fours pour les caissières. Finies les embrouilles avec un directeur qui vous demandera pour la troisième fois de ne plus foutre les pieds dans son magasin. La burqa va vous protéger de toute suspicion malotrue. Et elle va vous aider. Elle va augmenter la rapidité de votre vol, sa rentabilité et son efficacité. Finies les poches trop étroites, les paniers à double fond, les chemises entrouvertes d'où un coin de DVD dépasse et vous trahit.
Avec la burqa, vous aurez la possibilité de mettre quelques paquets de gâteaux et autres joyeusetés en deux temps trois mouvements sans vous faire repérer. Je vous conseille d'intégrer à l'intérieur de votre burqa quelques compartiments classés par catégories de produits (à gauche, légumes, plus au milieu lait et œufs et à droite objets de plus grande importance comme grille-pain ou téléphone sans fil).
N'ayez crainte: sous votre burqa, personne n'ira voir. Et personne ne viendra vous suspecter de quoi que ce soit. De crainte de voir ce qui se cache sous le grand méchant loup, à savoir, votre long voile noir effrayant et fantomatique, aucun être humain n'ira se risquer à vous poser des questions indiscrètes.
Un autre avantage de la burqa, c'est evidemment l'anonymat. Sous votre burqa, personne ne peut vraiment vous reconnaître; surtout entre plusieurs autres burqas. Terminées donc les longues embrassades avec Madeleine ou avec Tatie Mimie qui nous avait pas vue depuis votre plus jeune âge, à l'époque où vous et vos parents vous habitiez près de chez elle et que vous aviez cassé un carreau à l'aide d'une carabine volée de chez son mari de chasseur. Terminés les croisement inopportuns que l'on voulait éviter, personnes vous ayant avancé en période de galère quelques 1800 euros et que vous aviez promis de rembourser - en vous pensant Il peut toujours rêver c'lui-là haha" terminés les slogans "Il n'y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas", les monsieurs désagréables à képis et moustaches épaisses vous demandant vos papiers et les papiers du véhicule. Avec la burqa, vous n'êtes plus personne. Vous êtes tout et personne à la fois. Vous êtes l'univers. Vous vous confondez avec l'univers (...)
Que d'avantages à porter la burqa. Vous voyez, je commence à vous convaincre, petit à petit, en douceur. Il faut aussi parler d'un autre élément très important grâce à la burqa et qui va vraiment changer votre vie: Le gain de temps. Parce que du temps, dans notre vie, on en perd irrémédiablement. Et parce que le temps, il faut le gagner. Nous sommes tous à la fois victimes et avides de temps. Et la burqa va vous faire gagner un temps infini. Pourquoi? Parce que la burqa s'auto-régénère elle-même. Tous ces gestes de la vie quotidienne qui nous font perdre un temps fou: se laver, se changer, se brosser les cheveux, s'habiller, laver ses habits, les mettre à sécher, se brosser les dents, se maquiller... avec la Burqa, tous ces gestes n'existeront plus. C'est incroyable, vous allez voir.
La burqa peut tout faire: Elle s'auto-entretient. Plus besoin donc de se changer et de porter de nouveaux vêtements. Au contact de l'air, le tissu - élaboré en secret par les laboratoires japonais à l'époque de Pearl Harbor - fabrique ses propres défenses (donc inattaquable, introuable et insalissable) et se régénère automatiquement en même temps. Une sorte de peau humaine élaborée chimiquement. Plus besoin non plus de sous-vêtements: vous allez retrouver le contact pur et originel d'avec la nature, la sensation de liberté infinie que procure la nudité, l'incroyable sentiment d'être soi. Mais ce n'est pas tout. La Burqa possède des vertus presque sur-dimensionnelles: elle dégage autour d'elle, et donc sur vous, ses capacités d'auto-régénération et d'auto-higyienierie (nouvelle spécialité créée autour de la burqa en 1997). Vous n'avez donc plus besoin de vous laver, de vous maquiller, de vous peigner. Votre corps reste propre en permanence. Un doux parfum de jasmin se dégage de votre burqa: sentez-le sur votre peau. Vous êtes propre, heureux, libre.
Pour terminer, un avantage indéniable: Vous n'avez pas forcément besoin d'être une femme pour porter la burqa. Bien des hommes s'y essaient et ne peuvent plus s'en passer. Alors n'hésitez plus. De toute façon, personne n'osera lever le voile sur la Burqa.
*La burqa se prononce "Labeurqa©", copyright Marina Le Pen.
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